Loin du ciel et
parfois près d’ici

Dans les eaux glaciales et cristallines de l’Antarctique, les eaux troubles des Philippines ou les profondeurs
du Cap Corse, là où la lumière s’amenuise et l’homme est rare, la nature s’invente des formes étonnantes. Ces clichés pris loin du ciel révèlent des trésors invisibles, témoins d’un patrimoine fragile et
extraordinaire. Même si ces images fascinent et interpellent par leur esthétisme, leur poésie ou leur délicatesse, les projets photographiques de Laurent cherchent à illustrer les mystères du monde sous marin afin de « mieux mesurer l’étendue de nos ignorances ».
Récompensé 4 fois par le titre de Wildlife Photographer of the Year, décerné par le Natural History
Museum de Londres, seul à avoir obtenu deux fois la plus haute distinction au cours des 40 dernières années de cette compétition, Laurent Ballesta est également Chevalier de l’Ordre du Mérite Maritime.
Photographe naturaliste, biologiste de formation et plongeur professionnel, Laurent Ballesta cultive depuis l’enfance ses trois passions. Très vite, son attention s’est portée sur les profondeurs difficiles d’accès, les créatures rares et la preuve en image de leur existence. Depuis trente ans, il repousse les limites de la plongée et invente de nouvelles techniques pour atteindre l’inaccessible. À la croisée de l’art et de la science, ses images sont nourries par la rigueur du naturaliste et l’intuition du poète.
www.laurentballesta.com

La raie diable
de mer, Mobula
munkiana,
La Paz, Mexique.
-15 m
Protéger ou perdre l’équilibre

Cette série met en scène le monde minuscule des insectes autour d’une idée centrale : l’équilibre. Équilibre visuel d’abord, où flous, lumière et cadrage composent une harmonie fragile. Équilibre du vivant ensuite, celui d’espèces discrètes dont l’existence devient de plus en plus précaire. Souvent photographiés dans des postures incertaines, à la lisière du vide, ces insectes semblent suspendus à un fil, comme l’est aujourd’hui une part du monde vivant. Entre contemplation et sensibilité, ces images invitent à porter un regard attentif sur cette beauté fragile et à prendre conscience de sa précieuse vulnérabilité.
Photographe amateur passionné de nature, j’explore l’univers délicat des insectes à travers la macro-proxy, à la recherche d’instants suspendus où lumière, silence et équilibre se rencontrent. Toutes mes images sont réalisées directement à la prise de vue, sans transformation majeure. Le fond blanc, souvent perçu comme un effet numérique, est obtenu sur le terrain grâce à un travail patient sur la composition et la lumière, afin de créer des images épurées, baignées de douceur.

Cavernicole

L’exposition Cavernicole est née de cette immersion progressive dans leur univers. À travers cette série, je partage une aventure faite d’explorations souterraines, d’observations patientes et de rencontres fascinantes avec ces habitants de l’ombre.
Mon approche photographique se veut avant tout respectueuse de leur tranquillité, particulièrement en hiver. Chaque image est réalisée avec de grandes précautions afin de ne pas perturber leur repos, cherchant à documenter leur monde fragile sans jamais interférer avec lui.
J’ai 24 ans, je suis naturaliste, photographe et cinéaste animalière, spécialisée en chiroptérologie (l’étude des chauves-souris). Diplômée en écologie, j’ai découvert ma fascination pour le monde souterrain lors de mes premières explorations en 2019.
Depuis, je consacre une grande partie de mon temps à explorer grottes et cavités naturelles et à participer aux comptages hivernaux de chiroptères en hibernation. Ces expériences de terrain nourrissent mon travail d’image et ma volonté de mieux faire connaître ces mammifères discrets, souvent méconnus mais essentiels à l’équilibre des écosystèmes.

Noir Absolu, lumière éphémère

Une carrière de calcaire est creusée sous la commune de Savonnières en Perthois au sud de Bar le Duc : 86 hectares de superficie, 180 km de galeries d’une largeur chacune de 4 à 4,5 mètres et soutenue par des piliers jamais inférieurs à 2 mètres de côté. Depuis plus de 35 ans, il y pratique la photo d’open flash ou de lightpainting : toujours sur trépied, le boitier est ouvert en pose longue et c’est la lumière réfléchie sur la pierre en balayant celle-ci qui va créer l’image. Il dispose quelquefois des bougies (effet lumière rouge) pour pouvoir se déplacer dans la zone de prise de vue.
Photographe professionnel depuis 1996 et installé à Cluses (74) en 2004, aux commandes du magasin Cluses Images avec son épouse, ce passionné d’images est aussi directeur artistique du Festival Images & Neige. Spécialisé dans la photographie publicitaire et industrielle, finaliste du prestigieux concours du Meilleur Ouvrier de France en 2023, il a remporté récemment une médaille d’argent au concours de la Photographie Professionnelle Française. Télépilote drone professionnel, il a publié en 2021 « Balade aérienne entre Arve et Giffre » qui met en valeur les communes de l’Arve et du Giffre.

Humain·e,
Humus et
Humilité

Humain·e, Humus et Humilité ont la même racine étymologique signifiant “terre”. Ces clichés naissent de la rencontre entre le corps humain, nu, fragile, souvent dans une pose quasi rituelle, et des paysages naturels tels que les montagnes, les forêts, les déserts où le corps devient un instrument et un symbole d’humilité, une présence délicate insérée dans le souffle de la planète. À propos de ce qui nous entoure et de ce qu’il en adviendra, plusieurs chapitres s’écrivent avec un ordre hypothétique : la violence de l’humain sur l’environnement et l’hostilité de la nature avec ses lois qui nous menacent. Au sein d’une humanité qui se perd de jour en jour au jeu de sa toute puissance, est-il encore possible de prétendre à l’utopie ?
Marion utilise le corps comme un langage sensible et multiforme que ce soit en photographie ou dans son parcours d’artiste de cirque. Thibaud explore la photo, la vidéo et le monde du vivant à travers une multitude de projets artistiques, scientifiques et éducatifs. Ensemble, iels forment le duo Brut de Peaux, une tribune poétique avec le corps comme traducteur de nos utopies et de nos impuissances.


Je suis né et j’ai grandi en Sardaigne, une île qui a toujours façonné mon rapport au paysage. Mon parcours photographique, commencé dans la chambre noire, s’est progressivement orienté vers la photographie de paysage. Si les voyages me permettent d’explorer et de photographier des environnements reculés à travers le monde, la Sardaigne reste au cœur de mon travail avec Wild Sardinia, un projet au long cours consacré aux côtes sauvages, aux montagnes anciennes et à la lumière changeante de l’île. Mon travail a été reconnu dans plusieurs concours internationaux de photographie, dont le Wildlife Photographer of the Year.
Ce portfolio explore le paysage de l’Alaska au moment de la transition silencieuse entre l’automne et l’hiver. Plutôt que de se concentrer sur des vues iconiques, ce travail observe des transformations subtiles : les premières neiges, les couleurs qui s’estompent et l’adoucissement progressif des formes. Développé à travers des voyages répétés depuis 2015, ce projet reflète une manière plus lente et attentive d’observer le territoire. Les images passent de vastes étendues de toundra à des détails plus intimes du sol, révélant un paysage suspendu entre deux saisons et capturant un moment bref avant que la terre ne s’installe dans la longue immobilité de l’hiver.


Fantomatique en raison de ses mœurs principalement nocturnes, la loutre conserve bien des mystères et déchaîne les passions parmi les naturalistes. Laurent Cocherel, passionné de nature depuis son enfance, a consacré une partie de sa vie à chercher la loutre d’Europe en s’immergeant dans les écosystèmes côtiers des îles écossaises.
Cette exposition est le florilège des plus belles images récoltées depuis trente ans et nous révèle des scènes de vie familiale de cet animal discret, si difficile à saisir en action. Elle est proposée à l’occasion de la sortie de son beau livre sur la loutre, réalisé avec Erwan Balança et qui sera publié en septembre 2026 chez Delachaux & Niestlé.

La foire aux percherons

Le Percheron, cheval de trait à la robe et l’allure élégantes, emblème de la région du Perche, est la race de chevaux français la plus connue. Principal rassemblement de poulains Percherons en France depuis environ 150 ans, la Foire aux Poulains du Mêle-sur-Sarthe (Orne) se tient le dernier samedi de novembre. À la Foire de Saint-André, éleveurs et passionnés se retrouvent pour des concours et des ventes, activant le commerce et préservant l’héritage de cette race emblématique.
Avec une série de photographies en noir et blanc, Bruno capture l’intensité d’un monde où la tradition se mêle aux enjeux contemporains de l’élevage. Il saisit les formes puissantes des poulains, la complicité entre l’animal et l’éleveur. À une époque où l’agriculture traverse des transformations profondes, où les métiers ruraux se redéfinissent, son travail est une archive sensible du présent, un pont entre mémoire et futur, une trace des gestes, des regards et des lieux qui continuent d’animer les campagnes françaises.
Bruno documente le monde rural depuis plus de trente ans. Après avoir été reporter photographe pendant dix ans dans un groupe de presse, il prend son indépendance et crée en 2007 l’agence photographique SagaPhoto avec trois photographes.


Avec cette nouvelle exposition consacrée à l’ours polaire à 82 degrés nord, je souhaite partager la fascination et l’humilité que m’inspire cet univers de glace et son animal emblématique. À la fois majestueux et vulnérable, il incarne une nature en détresse sur une banquise qui se fragmente et disparaît : leurs destins sont liés, car lorsque l’une s’efface, l’autre s’éteint. Malgré tout, ils sont encore là, s’adaptant tant bien que mal aux changements. Cette exposition, au cœur du royaume des glaces, cherche à vous faire ressentir une émotion visuelle et à vous livrer quelques anecdotes sur leur vie fragile et fascinante.
Passionné par les grands espaces et la faune sauvage, je les photographie depuis plus de trente ans. L’isolement m’est indispensable : il me permet de ralentir, de me recentrer et de renouer avec l’essentiel. Observer, comprendre, anticiper les attitudes animales demeurent pour moi une source d’émerveillement intacte, qu’il s’agisse d’un renard ou d’un ours polaire. La publication régulière de mon travail dans la presse spécialisée ainsi que les distinctions obtenues lors de concours internationaux constituent une reconnaissance précieuse et encourageante.

Bleu arctique, ambiances
et couleurs au pays bleu

Voyage au nord du cercle polaire arctique, dans un univers de glaces et d’eau : le Spitzberg, « montagnes pointues », dans l’archipel du Svalbard, désert arctique, recouvert à plus de 60% par les glaciers. Bulles d’air, fractures, mouvements, falaises glacées déchiquetées, icebergs, à la fois si fragiles et si puissants, ici tout est de glace, tout est d’eau. Ces bleus omniprésents, toujours différents, tout en nuances, en jeux de lumières, sculptés, lissés, translucides, opaques, fascinants, attirants, envoûtants, addictifs…
J’ai toujours été attiré par l’hiver, la glace et la neige m’ont toujours fasciné. J’ai gardé, de mon premier voyage en Arctique le choc de la puissance et de la beauté de cette glace. C’est ce qui m’a marqué. Je suis retourné au Svalbard en 2022 avec pour projet de ramener une série la plus graphique possible. Ne montrer que quelques images qui donnent des éléments d’échelle et ainsi déstabiliser la lecture pour se perdre dans la couleur et la matière, comme je m’y suis perdu moi-même et me suis interrogé face à cette beauté. Cette série est accompagnée d’un carnet d’exposition reprenant l’ensemble des photos de la série exposée.

Évanescence, un songe éveillé

Le regard embué, je m’éveille d’un songe ensorcelant. Un parfum, fragile, délicat, me séduit. Évanescence prend forme. Dans les brumes du temps, j’ai trouvé un royaume mystérieux, fait d’oiseaux, de ballets envoûtants. Peintre de mes rêves, je vous emmène dans mon affût flottant, à la rencontre des danseurs aériens. Un voyage dans l’évanescence de mon songe éveillé.
Photographe de nature, je m’invite sur l’eau au royaume des oiseaux, m’effaçant du regard, dans un affût flottant. Mon travail s’éloigne peu à peu du réel pour aller vers le ressenti. J’aime écrire la poésie du vivant. Chercher la lumière dans l’ombre ou la brume, flirter avec le flou, décomposer le mouvement. Me nourrir d’émotions et les partager. Des instants fragiles et éphémères, entre rêve et réalité. Arriver dans l’obscurité, sans bruit. Laisser la nuit s’éteindre et venir l’heure bleue. S’inviter dans ce monde libre et sauvage sans déranger. L’apprendre pour mieux le comprendre, le respecter, l’aimer, plus encore, le rêver, le réinventer. S’émerveiller de chaque instant, avec un cœur d’enfant. C’est cette histoire que je veux raconter.

Derrière lui, une ombre dans la brume prend place, Comme l’écho d’un rêve.
L’illusion devient magie,
Dans le jeu des reflets où l’âme se perd.
Dans le ventre des glaciers

Spécialiste de glacio-spéléologie, Jean-François est l’auteur du livre GLACE, Dans le ventre des glaciers, aboutissement de huit années d’exploration.
Suite à sa décision de boycotter l’avion pour des raisons écologiques, il relève le défi : s’émouvoir près de chez lui, en Suisse, son pays dont il découvre les beautés insoupçonnées. Malheureusement, les glaciers, ces sentinelles du climat, sont en train de fondre à une vitesse vertigineuse dans les régions où l’arc alpin se réchauffe trois fois plus que la moyenne européenne : entre 2000 et 2024, les glaciers suisses ont perdu 39% de leur volume (réseau de relevés glaciologiques GLAMOS) ! Ce témoignage est donc un requiem, une archive et surtout un hommage car « il faut bien commencer par aimer ce monde si l’on veut trouver l’élan pour le protéger ». Admirer, c’est se réjouir de ce qui nous fait face sans en attendre un service. Admirer, c’est s’ouvrir à ce qui n’est pas soi, c’est se reposer de soi.
Admirer ! Si seulement l’humanité pouvait perdre son désir d’emprise et tenir son plaisir à soutenir ce qui est, plutôt qu’à le consumer. L’avenir dépendra moins de notre puissance que de notre prévenance.
www.photo-philo-delhom.com

Visages du monde

Inde, Pérou, Népal, Cuba, Asie… On sent dans le travail du photographe une approche sensible et bienveillante de ses sujets, une écoute, un moment de partage qui lui permettent de capter ces expressions si naturelles, sur le vif et dans leur cadre naturel. « Cette approche complice et chaleureuse, est très importante. C’est vrai que j’aime les gens et, partout dans le monde, j’aime les photographier ».
Jean-Yves est président de l’APPN, Association pour la Promotion de la Photographie en Normandie qui développe des projets autour de l’image sur ce territoire en valorisant le travail des photographes normands par des projets d’expositions, d’éditions et de rencontres avec le public.
Attaché à ses racines, fils de paysans et retraité d’une carrière de reporter à « Ouest-France », toujours passionné de reportage, Jean-Yves nous invite à la rencontre des différentes ethnies et populations du monde rural. « Mon métier m’a donné la passion des voyages, de la rencontre et du reportage. J’aime m’immerger dans la vie des gens au plus près de leur réalité quotidienne, partager de courts moments de complicité pour saisir ces regards et sourires bienveillants ».

Sermilik, le balcon sur les glaces

Situé sur une petite péninsule bordant le majestueux fjord de Sermilik, Tiniteqilaaq est un village de chasseurs et de pêcheurs qui semble suspendu au bout du monde. Peuplé d’une centaine d’habitants, ce hameau inuit incarne parfaitement la résilience et la beauté sauvage de l’Arctique. Le village offre une vue imprenable sur le fjord, véritable “autoroute” où dérivent d’immenses cathédrales de glace vêlées par la calotte glaciaire.
Ici, la culture inuite reste vive. Les chiens de traîneau hurlent au milieu des maisons colorées et la subsistance dépend encore largement de la chasse au phoque et de la pêche. Accessible uniquement en bateau, en hélicoptère ou en traîneau à chiens selon la saison, « Tinit » est une porte d’entrée privilégiée pour ceux qui cherchent à s’immerger dans le silence absolu du Grand Nord.
La série met en lumière le regard singulier de Jean Discours, dont le travail explore la relation entre l’homme et l’immensité. Par un jeu subtil de lumières boréales et de compositions épurées, il témoigne de la beauté brute et silencieuse du Grand Nord.


25 ans à espérer chaque jour ne serait-ce que son apparition ! À le guetter dans nos belles forêts jurassiennes. Et voilà qu’en moins d’un an, je me retrouve à en fréquenter six pendant plus de six heures au total, une chance inégalée que j’ai réussi à mettre en image. Un des animaux les plus rares de France, des plus discrets, le superbe lynx boréal, la panthère de nos forêts. Cet animal mythique, dont la survie aujourd’hui est en péril. En plus d’illustrer cet animal extraordinaire, je dote mes images de textes explicatifs sur la fragilité de son existence et les difficultés du maintien de l’espèce dans les années à venir.
Passionné de photo à 20 ans et depuis mon premier reflex argentique, j’ai débuté par la scène en couvrant le festival de l’éphémère à Hauteville. Je me suis orienté ensuite vers la macro puis la photo animalière. En quête d’images pures, j’aspire aux grands espaces les moins fréquentés. Bugiste d’adoption, j’essaye au quotidien de mettre en valeur cet environnement encore préservé et riche d’une biodiversité rarement rencontrée ailleurs. Très attaché au respect du vivant, je tente de mettre en avant mon engagement au quotidien notamment en étant membre actif du Festival Nature Ain depuis 2014 et son président depuis 2023.

From India with love

Fruit des huit derniers voyages en Inde, étalés de 2013 à 2026 dans quatre états : Rajasthan, Madhya Pradesh, Karnataka, Gujarat, cette exposition parle de mon plaisir de déambuler en quête de rencontres et de moments à fixer. J’aime profiter de l’atmosphère d’un lieu, observer ce qui m’entoure, attendre la lumière, choisir le sujet et saisir l’instant. Le voyage comme discipline de l’esprit : photographier devient appréhender, ressentir, être à l’affût, attendre encore et encore. Pour y arriver, il me faut être seul. Si la recherche se concrétise, elle me procure des émotions intenses, qui sont mon moteur, ma quête et ma récompense. Mon but est de tenter de les restituer pour en partager la beauté.
Né 7 siècles après Marco Polo, découvrir le monde m’était une évidence ! Très touché par les images de Sabrina et Roland Michaud et leur regard empli d’humanité, j’ai essayé de peaufiner le mien, tout au long de mes voyages pour découvrir et surtout pour les rencontres génératrices de tant d’émotions qui ouvrent l’œil et l’esprit. Premier contact en Amérique puis la découverte de l’Asie et de l’Afrique. Ces voyages ont initié la parution de 3 livres : Orients Extrêmes, cheminement en Asie du sud-est, préfacé par Olivier Föllmi, Voir sans frontière, préfacé par Sabrina et Roland Michaud et Vivre seulement vivre, œuvre collective pour une action humanitaire.

Les ailes de l’océan

La photographie de Laurent sublime la Nature. Elle nous invite au voyage et nous montre combien notre univers est précieux. Chaque arbre, chaque plante ou chaque animal devient œuvre d’art capturée lors de moments éphémères de communion intime. Laurent aime partager sa passion en venant à notre rencontre lors d’expositions, de salons ou de festivals. Il nous raconte alors ses travaux sincères où le temps n’a pas de prise. Il apprécie particulièrement ces échanges nourris, nés de l’émotion que ses photos éveillent en nous.
Laurent Echenoz est né en France sur les rives du Doubs et a grandi dans un village paisible, proche d’une forêt franc-comtoise. Très tôt, son immersion permanente dans cette nature préservée a développé son sens de l’observation et de l’écoute de la faune et de la flore.
Photographe naturaliste et avant-gardiste, Laurent a d’abord appris de nombreuses techniques photographiques auprès des meilleurs spécialistes. Puis il a créé son style, jouant avec originalité de la lumière, du cadrage et du temps de pause. Chaque image prend vie après de nombreuses heures passées à attendre l’instant.

Nuits de Bornéo

Dans l’univers secret et magique de la forêt tropicale primaire de Bornéo, un écosystème à la biodiversité exceptionnelle est menacé par la déforestation. Les photographies prises exclusivement de nuit illustrent la diversité fascinante des vertébrés et invertébrés qui peuplent cet environnement sauvage et complexe, et offrent un regard inédit sur la richesse de la faune nocturne. Le flash fait exploser les couleurs, souligne formes et contours et met en lumière les “géants nocturnes” de la forêt : geckos, grenouilles en pleine reproduction ou crabes perchés dans les végétaux. Les gros plans leur offrent une perspective unique. Mon but est de proposer une réflexion sur les menaces qui pèsent sur cet écosystème unique, fragile et vital pour la biodiversité mondiale et l’importance de le préserver.
Biologiste et chercheur, photographe autodidacte passionné, spécialisé dans la macrophotographie et la photographie d’expédition, Pierre a utilisé ses clichés dans le cadre de séminaires, symposiums, rapports de recherche, articles scientifiques et cours universitaires. Depuis 2014, il a professionnalisé ses activités et mis ses images au service de l’éducation à l’environnement et de la conservation de la nature. Son parcours récent se distingue par des reportages d’expéditions scientifiques, l’organisation d’expositions et d’ateliers de macrophotographie et la rédaction de chroniques locales sur la biodiversité. Ses images ont été publiées dans la revue Espèce et dans Nat’Images.

Fast fashion : de nos armoires aux décharges en Afrique

L’explosion de la production mondiale de vêtements avec plus de 100 milliards de pièces chaque année, reflète un système fondé sur la surproduction couplée à une diminution de la qualité et de la durée de vie des vêtements. Portés brièvement, ils rejoignent des filières de collecte a priori vertueuses. Mais derrière l’idée rassurante du recyclage se déploie une réalité bien plus sombre : celle d’un commerce mondial du textile usagé qui déplace annuellement des millions de tonnes de vêtements vers l’Afrique dont un pourcentage substantiel est invendable sur place vu sa piètre qualité. Ces flux dessinent une géographie du déchet, où marchés, lagunes et décharges en deviennent les étapes visibles. L’exposition suit cette trajectoire, de Kantamanto à Accra, le plus grand marché mondial de vêtements d’occasion, jusqu’à la décharge sauvage de Korle Lagoon (également à Accra, Ghana) ou à la décharge de Dandora à Nairobi au Kenya. Elle nous révèle le sort désastreux de ces vêtements et ses conséquences catastrophiques, accentués par la pollution plastique domestique de ces endroits où le recyclage est encore quasi inexistant.
Benoît Feron parcourt l’Afrique depuis plus de vingt ans et en a déjà montré de multiples facettes dans ses livres et expositions. Cette année il dénonce les dégâts désastreux de la fast fashion et de l’ultra fast fashion occidentales en Afrique.

La mort vous va si bien

Sur l’île indonésienne de Sulawesi, le territoire des Toraja est perché dans les montagnes. Ils cultivent une relation unique avec la mort, perçue comme une transition, marquée par un mélange de croyances animistes et chrétiennes et des rituels impressionnants. Les défunts, considérés comme « malades » jusqu’à leur enterrement, restent dans la maison familiale. Les funérailles incluent chants, danses, combats de buffles et sacrifices d’animaux (buffles et cochons), garantissant le passage de l’âme vers l’au-delà. Ces rites renforcent les liens sociaux et familiaux. Les tombes, creusées dans des falaises ou des grottes, sont veillées par des statues tau tau.
Depuis plus de 35 ans, je parcours le monde. À 13 ans, je savais déjà que mon avenir serait façonné par la lumière. Formé à l’école des Gobelins et à l’EMI de Paris, j’ai affûté mon regard et mon exigence technique, tout en restant fidèle à une photographie sincère, sans artifice. Reporter Photographe indépendant, je suis attiré par les contrastes du monde, par les vies silencieuses et les gestes quotidiens : l’Humain dans sa relation au collectif, à la transmission, à la survie. Chaque photographie est pour moi un acte d’engagement, une trace sensible de l’instant partagé entre l’humain, son environnement et son histoire. Mes photoreportages réalisés en France et en Asie, Amérique du Sud, Europe, Afrique du Nord ou Madagascar, cherchent à témoigner, à transmettre, à résister à l’oubli.

Pêcheurs de langoustines

D’avril à septembre, c’est la saison de pêche de la langoustine. Thierry Evain, patron pêcheur, s’en est fait une spécialité. Aidé de ses instruments de navigation, Thierry dirige son chalutier de 18,50 mètres vers la zone de pêche. Grâce à son expérience, en fonction de l’heure, de la météo et de la saison, il sait si la langoustine sortira de ses terriers. Après 3 heures à caresser les fonds sablonneux, le gigantesque filet libère ses premières prises. Langoustines, lottes, merlus, tourteaux tombent dans les bacs de tri. Les prises trop petites ou non désirées comme ce requin à peau bleue encore bien vivant sont rejetées à la mer.
Originaire de Normandie, j’explore depuis plus de 30 ans la beauté et la complexité de notre monde avec un regard curieux et sensible. Spécialiste des questions environnementales, de la sécurité civile et de la vie des terroirs, j’ai parcouru la planète à la rencontre de celles et ceux qui la façonnent. Ce voyage au cœur de l’humain et de la nature m’a amené à interroger nos relations souvent paradoxales avec notre environnement. En 2007, j’ai fondé le collectif SagaPhoto. Mon travail a été publié en France et à l’international. Mes images ont été exposées dans des lieux emblématiques comme Visa pour l’Image, le Carrousel du Louvre, Lascaux IV et autres festivals de renom.

Éclats d’automne

Je vous présente une série photographique pour vous faire découvrir mon univers de douceur. La technique de la surimpression crée une ambiance particulière, facilitant ce voyage onirique. Peut-être saisirez-vous, à travers mon regard, l’infinie beauté de cette nature si précieuse. Puisse cette escale vous donner l’envie d’y cheminer à votre tour, dans le silence, le respect et la gratitude.
La nature, loin des hommes, me fascine. Je me laisse porter par le souffle des forêts et le chant des rivières. J’aime m’y promener, seule, silencieusement. L’automne est ma saison préférée : des pans entiers de montagne, de campagne se parent de mille couleurs. Les feuilles chatoyantes tombent lentement, couvrant le sol d’un tapis flamboyant. L’odeur de l’humus, le bruit des brindilles se brisant sous mes pas, le chant d’un oiseau posé là, près de moi, le murmure léger du ruisseau qui s’écoule, le voyage d’une feuille emportée par les flots. Je regarde l’élégance de ces arbres majestueux, leur tronc est tortueux, ils s’élancent fiers, robustes vers les cieux.

Sous le ciel alpin

Distinguer la voie lactée à l’œil nu est devenu très rare en raison de la pollution lumineuse. Le Massif alpin cependant, en plus de nous offrir des paysages d’exception, est un refuge pour les étoiles. De nombreux lieux sans pollution lumineuse attirent les amateurs d’images.
Cette série de photographies a été réalisée exclusivement dans les Alpes françaises dont certaines tout près de la frontière italienne. Je n’y habite pas, je prévois donc chacune de mes escapades bien à l’avance. Je suis constamment à la recherche de nouveaux points de vue et perspectives afin de sublimer le paysage terrestre par le ciel nocturne encore trop méconnu.
J’ai commencé la photo en 2016, j’avais 15 ans. Passionnée de musique, j’ai photographié des concerts avant de me tourner vers les grands espaces et le ciel nocturne. J’ai commencé à m’intéresser à l’astronomie en 2020 : alors que nous étions enfermés dans une situation sans précédent, je me suis évadée dans les étoiles. C’est à cette occasion que j’ai découvert les techniques de l’astrophotographie.

Terres d’orages

Auteure, artiste photographe et conférencière en risques météorologiques, née en 1981 à Nîmes dans le département du Gard, mais Lozérienne d’adoption, Lauriane parcourt des milliers de kilomètres chaque année à la recherche de phénomènes météorologiques composant ses tableaux. Depuis 1996, elle consacre sa vie à un sujet aussi fascinant qu’indomptable : les orages. Armée de patience, d’instinct et d’un regard profondément artistique, elle parcourt les paysages en quête de ces instants électriques où le ciel se déchire et révèle sa puissance brute.
Elle fait partie des rares femmes à s’être aventurées dans la photographie d’orages dans les années où cette discipline était confidentielle. Avant les réseaux sociaux ou les appareils modernes, elle apprenait déjà à lire les cartes météo, à anticiper une cellule orageuse, à se placer ou à se protéger. Cette expérience précoce lui donne aujourd’hui une maîtrise exceptionnelle du terrain et des phénomènes atmosphériques.
Durant près de trois décennies, elle a accumulé des centaines d’heures d’observation sous les ciels les plus instables, capturant éclairs, structures orageuses, ambiances menaçantes et lumières irréelles. Son travail reflète une sensibilité particulière : la rencontre entre la violence des éléments et la poésie du moment. Chaque image raconte une histoire — celle d’un instant éphémère où nature et émotion se rencontrent.
Sa démarche est double. Artistique, parce qu’elle cherche la beauté pure du chaos mais aussi documentaire, car elle souhaite témoigner de la dynamique des orages et de la force de la nature. Ses photos sont marquées par une esthétique précise : compositions soignées, profondeur atmosphérique, attention au détail et ce mélange unique de tension et de sérénité qui caractérise son style.
Reconnaissable par son regard, sa passion et son ancienneté dans ce milieu exigeant, elle inspire aujourd’hui une nouvelle génération de passionnés. Elle partage ses images pour transmettre une émotion, une énergie, mais aussi un respect profond pour la nature. Après tant d’années à poursuivre la lumière dans la tempête, elle continue à créer, à explorer et à montrer que même dans les cieux les plus sombres, il existe une beauté éclatante, indomptable et infiniment humaine.

Rotations périurbaines

Je vous invite à une promenade dans les villes et parcs, pour y rencontrer quelques scènes classiques mises en valeur par l’association de séries de photographies. A partir d’une première expérience de superposition d’images de photographies nocturnes, j’ai retenu ce principe d’association d’images afin de proposer une approche graphique originale. J’ébauche des images qui reconstituent un mouvement, proposant différentes lectures selon l’endroit où l’œil se pose. Une image fixe prend ainsi vie dans un mouvement de rotation, et je donne à voir l’isolement d’un sujet dans son environnement démultiplié, ou le déplacement d’une foule qui surgit de l’image.
J’ai débuté la photographie lors de mes études supérieures, passion partagée ensuite avec Laurence mon épouse et plus tard nos enfants. La faune et la flore sont nos principaux sujets et nous les trouvons autant à la porte du jardin qu’au cours de nos voyages. À partir de 2009, nos premières expositions furent signées à quatre ou cinq mains de chacun des membres de la famille. En 2019, je présente une exposition personnelle d’oiseaux, avec une approche très graphique en noir et blanc. Je poursuis dans cet esprit avec cette nouvelle exposition. Mes images sont proposées par l’agence Naturagency.

Rallumons les étoiles

Que se passe-t-il, la nuit ? Ces photographies peuvent être réalisables deux à trois fois par an. Aucune couleur n’a été ajoutée. Ces dernières ne sont pas visibles par l’œil humain sauf exception. « Rallumons les étoiles » témoigne de l’excellente qualité de ciel étoilé des Alpes du Sud. Plus intimement, cette sélection retranscrit mes émotions lors des prises de vue.
À 8 ans, c’est l’astronomie qui me passionne puis la photographie à 15 ans. Le ciel étoilé m’a toujours fasciné. En 2019, je décide d’arrêter mes études de STAPS pour aller vivre dans le Queyras. Travailler à l’observatoire de Saint-Véran, Paul Felenbok, était ma grande source de motivation et d’inspiration. C’est en 2021 que je crée mon activité de photographe professionnel. En 2022, j’ouvre la première galerie de France indépendante et autodidacte spécialisée dans le paysage nocturne.

L’Aubrac d’hier & d’aujourd’hui

La terre d’Aubrac recèle une histoire géologique de plus de 300 millions d’années faite d’une vieille chaine de montagnes, de volcans, de glaciers… C’est cette fabuleuse histoire que le géologue, photographe et auteur, Arnaud Guérin vous raconte dans cette exposition où il met en parallèle les paysages d’Aubrac d’aujourd’hui avec ce qu’était l’Aubrac hier, grâce à des photographies qu’il a réalisées en Nouvelle-Zélande, en Islande, en Norvège, au Spitzberg ou encore à Hawai… plus qu’une fabuleuse histoire, un fabuleux voyage à découvrir en images.

Owly Night, une poésie nocturne

Guidé par le Grand-duc d’Europe, parmi d’autre habitants des ténèbres, Owly Night nous emmène à la découverte d’une nuit sauvage. Hiboux, cerfs, blaireaux et autres fuyards d’une humanité encombrante sont figés en lumière naturelle, à l’aube, au crépuscule, en pleine nuit, éclairés parfois uniquement par la lune ou les étoiles.
Fruit d’un suivi de 5 ans du plus grand rapace nocturne du monde et d’autres habitués des noires heures, en Belgique et en France, l’exposition est un extrait du livre éponyme, racontant plus intensément ces moments rares et inaccessibles au genre humain. Portraits, ambiances étoilées, l’aventure Owly Night nous fait découvrir des moments d’une douceur insoupçonnée, sombres instants lyriques à ne pas manquer.
Photographe aux expériences artistiques denses et variées, Jérémie Hynderick, après un cursus scolaire dédié aux arts plastiques, a travaillé dans la réalisation de décors pour le spectacle vivant et l’événement, la ferronnerie d’art, la sculpture, sans jamais quitter son boîtier, et ce, depuis l’adolescence. Son amour pour la nature est né en Ardenne belge, où, depuis l’enfance, l’approche et l’observation de la faune sauvage étaient déjà ses activités favorites.


Depuis l’enfance, les animaux occupent une place essentielle dans ma vie. J’ai choisi de travailler à leurs côtés et cette proximité m’a appris à lire les signes discrets d’un mouvement, d’un regard, d’une émotion. La photographie est mon langage pour témoigner de mes rencontres avec la faune sauvage, dans les territoires où elle règne encore. J’essaie d’en saisir la mémoire instinctive, transmise de génération en génération : se reproduire, se nourrir, se protéger, se défendre, survivre. Je souhaite avec mes images partager l’intensité de ces face-à-face avec le vivant et inviter chacun à porter un regard plus attentif et respectueux sur ces mondes fragiles.
Aux îles Falkland, le vent, le sable et l’océan façonnent un paysage d’une beauté austère. C’est dans ce décor rude que vivent une partie de l’année les manchots royaux. Je les ai photographiés non comme des icônes attendrissantes, mais comme des êtres engagés dans une lutte permanente pour survivre et transmettre la vie. Chaque jour, après de longues heures en mer, ils regagnent la plage, épuisés et se couchent. Le vent soulève le sable et les recouvre partiellement. Puis dignement, ils se relèvent et repartent vers la colonie pour nourrir leurs petits. Entre fragilité et endurance, ces images racontent la persistance et la résilience du vivant face aux éléments.


Photographe professionnel né en Grèce, Kiriakos vit aujourd’hui en France. Un voyage en Afrique transforme son regard : épris des étendues sauvages, de la lumière, des animaux, il ne cessera plus de sillonner la planète à la recherche des endroits les plus reculés, de l’Afrique aux Pôles. Influencé par la peinture, notamment les noirs texturés et lumineux de Pierre Soulages, il a transformé ses appareils photo en pinceaux pour notre plus grand bonheur.
Afrique et Arctique, deux univers que tout oppose mais qui photographiquement sont inséparables. Les paysages sont grandioses, la faune sauvage, et les lumières sont parfois douces, parfois intenses. Je travaille à l’extrême des deux spectres, les noirs profonds et les blancs étincelants, sans perdre le détail de la fourrure noire de la panthère et des poils blancs des ours polaires. L’objectif est de magnifier la nature et la faune et de dégager une émotion pour celui qui contemple la photo. Au fil des années, l’ optimisme s’effrite et mon travail est plus sombre. Si deux animaux aussi différents que l’ours polaire et la panthère noire peuvent cohabiter sur la même Terre et transmettre les mêmes émotions aux visiteurs, alors malgré leurs différences, les êtres humains peuvent vivre ensemble.

Mémoires des glaces

Longtemps, l’imaginaire fut captivé par les régions polaires, ces royaumes blancs, vastes, indomptés, où le froid règne en maître et où chaque souffle est une épreuve. Pourtant l’homme, porté par le désir d’exploration et les récits épiques, y a tracé sa route, planté ses drapeaux, en a extrait les trésors enfouis, célébré la beauté figée. Les glaces ont toujours opposé leur silence à notre frénésie. Après avoir été un défi, elles sont devenues matière à science puis appel à la sauvegarde. Elles ploient désormais sous le poids des grands bouleversements du climat.
Ce triptyque dessine une fresque sensible où se croisent les regards : une rétrospective des aventures humaines, une vision des animaux et une mise en lumière des glaces, témoins muets d’une histoire millénaire en sursis.
Passionné depuis l’enfance par l’observation et la photographie animalière, Olivier Larrey rejoint en 2012 l’association Regard du Vivant et accompagne régulièrement des voyages pour l’agence Let’s Go travel. Auteur de nombreuses expositions et livres (Toundra & Terre de loups), il remporte en 2021 le Grand Prix du concours international de photographie de Montier-en-Der et ses films ont reçu de nombreuses distinctions dans des festivals internationaux.
Après l’Afrique pendant plus de 25 ans, Éric Le Go porte son regard sur les ambiances polaires et la glace, particulièrement en Arctique où il découvre, fasciné, les aspects d’un monde désertique et minéral. Il réalise diverses expositions et publie l’ouvrage Désert graphique


En 2023, Olivier co-signe avec Ambre de l’APE « Nature en Roannais », témoignage visuel et engagé de ce territoire, préfacé par Michel Munier. En mars 2026, c’est avec Mathis qu’il réalise « Une chouette rencontre ». Cet ouvrage fait écho à leur exposition consacrée à la chevêchette d’Europe. Cette petite chouette incarne l’âme facétieuse des forêts d’altitude. Dans le désir de la croiser – et de la photographier – Olivier et Mathis ont redoublé de patience, appris à ralentir, à écouter car la nature ne s’offre pas au premier regard. Une aventure menée tout près de chez eux, au cœur des monts de la Madeleine, là où les forêts conservent encore bien des secrets.
Olivier et son fils Mathis ont tissé un lien particulier autour de leur passion commune pour le monde sauvage, les observations faunistiques et la prise de vue naturaliste. Si l’image est un moteur dans leurs explorations, ils cherchent avant tout à comprendre et à observer les mœurs des espèces, avec respect et discrétion. Depuis des années, ils parcourent la région Roannaise et témoignent de sa diversité insoupçonnée, partageant leurs découvertes à travers publications et expositions.

Derrière les fleurs

Au cœur des montagnes d’Éthiopie, dans les landes afro-alpines où flamboient les Kniphofia, le loup d’Abyssinie (Canis simensis) révèle une facette insoupçonnée. Longtemps perçu comme un chasseur solitaire, ce canidé dévoile au fil d’années d’observation, un comportement inattendu : il lèche les fleurs et leur pollen. Mes images témoignent de cette interaction discrète, longtemps invisible, et de la découverte d’une relation d’interdépendance entre un prédateur emblématique et la flore des hauts plateaux. Cette série invite à une immersion dans les lumières et les vents des montagnes de Balé, au rythme de l’attente, du froid et des rencontres furtives. Travail de terrain patient où l’image devient trace et tente de révéler ce que ces paysages murmurent. Entre science et regard sensible, j’esquisse les contours d’un mystère vivant où la frontière entre chasseur et butineur s’efface peu à peu.
Depuis l’enfance, je suis guidé par le vivant et la photographie m’a mené à la rencontre d’animaux sauvages à travers le monde. Aujourd’hui, auteur, photographe et cinéaste animalier, guide en milieu afro-alpin, j’œuvre à la sauvegarde de notre environnement, du biotope et des espèces en voie de disparition. C’est dans cet esprit que j’ai abordé, sujet passionnant, le loup d’Éthiopie en collaborant avec le EWCP, Ethiopian Wolf Conservation Programme, pour participer à sa sauvegarde.

Sahara, dunes et caravanes

Il y a quelques millénaires le Sahara était vert et favorisait le développement de civilisations avancées. Les changements climatiques en ont fait un désert.
La conquête du vide ou la nécessité d’être nomade : les horizons sont infinis, les dunes déferlent sur les falaises de granite, le sentiment d’absolu est omniprésent. Le dictionnaire définit le désert comme un lieu vide non habité. Ceci n’est pas tout à fait vrai grâce à une poignée d’hommes qui ont su mettre en œuvre des stratégies pour s’adapter à un milieu extrême et survivre. Le nomadisme est l’une d’elles. Le monde des sédentaires ne pourra survivre que s’il emprunte aux nomades une certaine manière de vivre, faite de simplicité et d’endurance, parfois d’ascèse.
Nous avons une passion commune pour le Sahara que nous avons parcouru pendant une dizaine d’années, amateurs de grands espaces, de préhistoire et de peintures rupestres, fascinés par le mode de vie nomade et les cultures sahariennes. La géopolitique limitant aujourd’hui les voyages dans cette région, nous explorons maintenant les pays nordiques, mais toujours à la recherche de grandes étendues sauvages et de conditions climatiques extrêmes.

Couleurs d’une nuit amazonienne

La nuit en Guyane est un tableau vivant et énigmatique où la nature dévoile des trésors de couleurs insoupçonnées. Chacune de nos images, témoignage de la beauté brute et fragile de ce monde nocturne, capturée sans artifice, vise à sensibiliser le spectateur à l’importance de préserver ces écosystèmes uniques, menacés par les activités humaines. Toutes les photographies ont été réalisées in situ, de nuit, dans le respect des animaux et de leur habitat naturel. Elles montrent des espèces souvent méconnues, parfois insaisissables. Cette collection est une exploration photographique où la science, l’art et la fascination s’entrelacent pour raconter une histoire captivante – celle de l’élégance silencieuse de la vie qui s’éveille lorsque la lumière décline.
Olivier Louguet est vétérinaire et éthologue, et vit en Guyane depuis 1995. Julien Morand ingénieur de l’agence spatiale française, a vécu 10 ans en Guyane et continue de s’y rendre dans le cadre du travail. Tous deux sont photographes amateurs : « la forêt amazonienne est notre terrain de jeu depuis des années. De jour comme de nuit, nous essayons d’immortaliser par l’image des instants et des espèces que nous rencontrons ». Ils exposent régulièrement et ont déjà été primés.

Senja, le Sommeil
des Géants

Après avoir travaillé la lumière en Islande et au Groenland, Jean Discours présente aujourd’hui des portraits de montagnes de l’île de Senja. Dans cette série, Loz Aubrac explore un nouveau territoire. La lumière reste son fil conducteur, sculptant reliefs et atmosphères.
Surnommée « l’île aux contes de fées », Senja est une terre de contrastes où le folklore nordique semble avoir pris racine dans le granit. Les montagnes ne sont plus de simples masses de pierre, mais des êtres vivants pétrifiés, figés pour l’éternité dans le paysage. Chaque relief raconte l’affrontement millénaire entre les forces de la terre et les géants du Grand Nord. Jean Discours et Loz Aubrac nous invitent à une rencontre solennelle avec ces colosses de pierre. De l’emblématique silhouette de Segla aux dents de scie d’Okshornan, en passant par les crêtes de Hesten, Keipen et Grytetippen, chaque œuvre dévoile la personnalité unique de ces sentinelles. C’est une invitation à un retour aux origines, là où le silence de la pierre murmure encore les récits du monde ancien.


Reportage et photos d’auteur, son œuvre est empreinte d’humanisme et nous fait ressentir toute la dignité dont sont habités les sujets qu’il photographie. Finement composées, toujours avec discrétion, ses images font preuve d’une étonnante capacité à s’émerveiller de son environnement, Madagascar, dont il réussit à capter l’essentiel pour que se perpétue l’âme et l’unité d’un peuple. « Je ne photographie jamais aussi bien que ce que je connais. » (Frank Remy, photographe)
Né en 1954, Pierrot vit et travaille à Fianarantsoa (Madagascar), où il dirige le plus grand laboratoire photographique de la ville. Pendant 17 ans, la photographie est un support artistique et financier à sa passion, la peinture. Lorsqu’une amie lui déclare que ses photographies, sur lesquelles il se base pour peindre, sont bien meilleures que leur résultat pictural, sa vie change. Lauréat en 1994 au concours Mother Jones (San Francisco), dont la récompense est un Leïca qui ne le quittera plus, récompensé par plusieurs prix, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions et publications et d’une reconnaissance qui dépasse largement les frontières de la Grande Île.
« Lors de mes prises de vue, je comprends parfois tout de suite ce que je vois (…), jour après jour, (que) j’essaye de chercher et de dévoiler de minuscules fragments de vie, de temps, sans pouvoir dire, faute de mots exacts. En somme, je ne pourrais dire qu’une chose : je fais des images, juste des images… car réfléchir une image, c’est courir le risque de la voir disparaître. »

Paréidolies, l’art caché de la nature

Cette exposition est une invitation à plonger dans l’univers fascinant des paréidolies naturelles, ces œuvres d’art créées par les forces magiques de la nature. Laissez-vous emporter dans une odyssée poétique où les frontières entre la réalité et l’imagination s’estompent. Puissent ces figures réveiller l’enfant qui sommeille en chacun de nous, invitant à voir le monde avec des yeux empreints d’émerveillement.
Retraité, originaire d’Alsace et vivant au pied des Vosges, je me définis comme un passionné de nature et de photographie. Observateur émerveillé et photographe amateur depuis ma jeunesse, je suis attiré par les paysages naturels, forêts, rivières et montagnes qui nourrissent mon regard et mon envie d’explorer. Il y a une quinzaine d’années, j’ai découvert la paréidolie : alchimie où les éléments naturels prennent forme et vie révélant des silhouettes familières dans les textures des arbres, les contours des rochers et les souches tortueuses. Cette découverte a profondément influencé ma manière d’observer et de photographier. Depuis, chaque sortie devient une recherche attentive de silhouettes et de visages cachés, indices de la poésie secrète de la nature.

Aliens

Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Cette question est vertigineuse. On estime à plus de 100 milliards le nombre d’exoplanètes, uniquement dans notre galaxie.
Cette galerie de portraits documente une vie multiforme imaginaire. Elle a été créée à partir de végétaux terrestres et de la magie de symétries « miroir ». Ces symétries caractérisent notre vivant et le cerveau humain ne peut s’empêcher de rechercher des expressions ou des sentiments sur les personnages représentés. On peut, par exemple, imaginer que certains sont tranquilles et inoffensifs, d’autres un peu moins… Les végétaux ont colonisé la terre ferme avant la vie animale, il y a 500 millions d’années et la suite de l’histoire de notre terre aurait pu être différente. Avec ces portraits, j’ai imaginé cet autre destin sur des exoplanètes lointaines.
J’aime créer des mondes oniriques à la réalité réinterprétée à partir de mes photographies, bien réelles. Pour construire mes séries, je mène l’enquête puis je recherche les techniques les plus adaptées. Je ne limite pas mes recherches à un seul style ou une seule technique. Je prends un malin plaisir à tordre le réel et à explorer de nouveaux territoires.

De l’océan à la forêt pluviale, émerveillement en territoire Gitga’at

Cette exposition invite à découvrir le territoire de la Première Nation Gitga’at, en Colombie-Britannique. Elle met en lumière les liens étroits entre l’environnement marin et la forêt pluviale du Grand Ours. Mammifères marins et terrestres, dont le symbolique ours esprit, sont représentés au sein de leur habitat afin que les visiteurs comprennent la magie de cette côte. Des dessins autochtones réalisés par un artiste Gitga’at soulignent l’importance culturelle et spirituelle de ces espèces pour la communauté qui vit sur ce territoire depuis plus de 10 000 ans.
Originaire de Normandie et passionné par les cétacés, Florent a découvert le territoire Gitga’at en aidant des chercheurs travaillant sur les cétacés. Son livre « De l’océan à la forêt pluviale, émerveillement en territoire Gitga’at » rend hommage à la communauté. Photographe amateur, Florent place l’émerveillement et le respect de la nature au cœur de sa démarche, convaincu que la photographie et le partage d’informations sont des outils puissants. Ingénieur agronome, il vit en Finlande et travaille au sein d’une institution intergouvernementale dédiée à la protection de l’environnement marin en mer Baltique.

Cette famille d’orques de Bigg, connue pour ses grands déplacements dans le Pacifique Nord-Ouest, est le plus souvent observée en Alaska mais j’ai croisé deux fois son chemin en territoire Gitga’at, à 6 ans d’intervalle. Leurs marques et cicatrices permettent d’identifier et de répertorier les individus pour assurer le suivi des populations. Ces orques se nourrissent exclusivement de mammifères marins : lions de mer, phoques, marsouins, etc.
Le haïku amoureux

Le haïku est un poème japonais de trois vers, simple et dépouillé. C’est un genre descriptif, intimiste, émotionnel, esthétique et humaniste. Mon travail a consisté à marier textes et images pour les rendre indissociables. J’ai imagé les cinq saisons de la vie : le printemps, ou l’adolescence, l’été qui n’est pas que beauté et se veut féministe, l’automne, ou les années d’expérience, et l’hiver qui nous invite à réfléchir à la disparition. La cinquième saison, qui traverse toutes les autres, est la saison des amours.
Le haïku amoureux
Le jardin de…
Et si nous nous parlions d’amour ?
Trouver des beautés sentinelles
pour pousser au bout de la tendresse…
Le flou, le cueilleur d’effleurements,
la douceur des baisers au bout des doigts…
Le commencement du déploiement du désir.
Conserver intact le secret de nos fables intérieures
et vivre l’imprévisible conséquence d’un geste d’amour.
Le haïku de l’été
C’est l’explosion de la beauté.
C’est vous, madame,
à la sortie de la chrysalide de l’adolescence,
quand vous savez,
quand vous pouvez,
quand vous osez
et que rien ne semble vous résister…
Je découvre la photographie au collège à 15 ans. Conquis, je passe le CAP et deviens ouvrier photographe. Ce travail ne me convient pas, j’embrasse alors une carrière en milieu social, d’éducateur spécialisé à directeur général. J’enseigne la photo dans des centres de formation d’éducateurs où l’importance de la photographie se manifeste dans la relation à l’autre : le travail de la suppléance familiale, de la mise en valeur de l’enfant, de l’intérêt de la création qui par le lâcher-prise du quotidien permet à l’enfant de s’ouvrir à l’adulte etc… Personnellement, je continue mes recherches autour de l’humain et expose mes travaux. Je travaille en argentique, à la chambre photographique et réalise moi-même les tirages. L’appareil numérique, pour le travail en couleur, est utilisé comme une chambre, dans le cadre d’un travail en studio.

Night and White

Cette série Night and White nous emmène au cœur des nuits d’hiver, à la rencontre des arbres sous la neige. Marcher dans l’obscurité et le froid, face au vent et deviner la silhouette d’un arbre devant soi est toujours un moment magique : un lien très fort se noue avec lui, l’énergie qu’il dégage devient palpable. Notre vision nocturne en noir et blanc nous permet de focaliser sur l’essentiel. Et la neige qui tombe accentue la féerie du moment. Parfois caresse, parfois morsure, l’air est en symbiose avec l’arbre. S’asseoir auprès de lui, dans le noir et sous la neige, c’est sentir les forces du vivant.
Photographe professionnelle, conférencière et réalisatrice de films documentaires, en contrat avec des agences photo, elle est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la macro et les paysages de nuit, dont « Il était une fois la nuit » en 2021 (éditions La Salamandre) et un dernier qui présente sa série Night and White. Elle expose régulièrement et contribue à des articles dans de nombreuses revues. Animée par le désir de sensibiliser le public à la protection de la nature et de la nuit, elle organise chaque année des stages photos macro et paysages de nuit. Elle collabore avec certaines réserves ou parcs naturels.
www.carolereboul.fr

L’invisible essentiel

Au-delà de montrer, l’idée est de provoquer une rencontre. Chaque image est accompagnée d’un court texte : une anecdote, une info étonnante, un détail inattendu, assez pour ouvrir une porte, éveiller la curiosité, peut-être faire bouger un regard. Je photographie chaque insecte dans son environnement, tel qu’il est, sans mise en scène: l’instant, la lumière, l’angle juste. C’est un équilibre constant entre l’esthétique, la vérité et l’émotion, entre observation et interprétation. Redonner une place à ces formes de vie minuscules qu’on ignore, c’est aussi parler de ce qui compte vraiment, parce que derrière l’infiniment petit se cache l’essentiel.
Enfant, fasciné par les insectes, je voulais devenir entomologiste. Devenu directeur artistique, autre chemin guidé par le regard, un Canon 450D arrive dans ma vie professionnelle par hasard. Je photographie des abeilles. En voyant l’image sur mon écran, c’est le déclic. Je n’ai plus lâché l’appareil. Autodidacte, je travaille exclusivement en extérieur, à la lumière naturelle. Light is my favorite toy, mon point d’ancrage. Je photographie le vivant de très près avec la macro et l’univers de très loin avec l’astro. Deux mondes opposés, une même quête : révéler l’invisible, ce qui nous échappe, qu’on oublie de regarder. Je cherche à capter le vivant dans ce qu’il a de plus discret, fragile, essentiel, avec patience et avec respect.

Dans la lueur des phares

L’idée de cette exposition m’est venue un soir lorsque je fis découvrir à ma fille, lors de sa conduite accompagnée, des salamandres tachetées dans la lueur des phares. À travers cette exposition, je souhaite sensibiliser à la mortalité des amphibiens (mais également de quelques gastéropodes), sur nos routes, en me concentrant sur quelques espèces : les urodèles (salamandres et tritons) et les anoures (grenouilles et crapauds). J’ai pris mes photos entre le début du printemps et la fin de l’automne, uniquement la nuit et par temps de pluie. À plat ventre sur la route, j’utilise systématiquement le contre-jour, ou devrais-je dire le contre-phare, sans flash ni manipulation des animaux. Parfois, j’utilise un réflecteur pour déboucher légèrement les ombres, selon l’effet souhaité.
Je vis en Creuse (23). Enfant, j’aimais dessiner des portraits et des paysages au crayon papier. Vers l’âge de 18 ans, la photographie a pris le dessus. Elle est alors un moyen de mémoriser mes observations naturalistes. Puis, au début des années 2000, la photo, en autodidacte et en amateur, est devenue un moyen d’expression artistique et naturaliste.

Anatomie d’un fleuve

Ce parcours photographique de 27 km restitué en 27 images, captées sous l’eau ou à fleur de surface, révèle les traces inscrites dans la végétation, les roches, les vestiges et les zones urbaines et portuaires, jusqu’au bleu de la Méditerranée. Entre geste artistique et regard scientifique, cette série documente une archive du Lez d’aujourd’hui. Ces images sont partagées en deux parties égales : le milieu aquatique sous-marin et les berges. 5 photographies sous-marines seront associées révélant le changement du milieu pour montrer sa transformation en fonction des zones traversées.
Photographe autodidacte, j’ai rejoint le club Objectif Image Montpellier en 2013, dont j’assure la présidence depuis 2025. La pratique collective et l’échange y nourrissent ma réflexion sur l’image et ses usages. Mon travail photographique s’inscrit dans une démarche documentaire fondée sur l’exploration et le parcours. L’image naît de cette immersion progressive dans un territoire, attentive à ses formes, à ses usages et aux récits qui l’habitent. Depuis 2020, je développe des projets conçus comme des traversées : N113, exploration d’une route nationale du sud de la France ; Roots of Blues, à la recherche des paysages du Mississippi qui ont vu naître le blues et Anatomie d’un fleuve.

De neige et de deuche

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu avec la douce musique du moteur de ma 2CV dans les oreilles, elle a bercé ma vie depuis ma plus tendre enfance. J’ai pris un plaisir sans cesse renouvelé à parcourir mes montagnes, avec la deuche de ma maman. Je démarre le moteur, je déblaie la neige, je gratte les vitres s’il y a du givre. Et c’est parti, dans une douce musique, afin de courir après les lumières qui apparaissent derrière mon pare-brise. Cette série de photos se veut un voyage, du matin au soir, des premiers frimas de l’automne aux dernières neiges du printemps.
J’habite sur les rives du lac Léman et je m’attache à regarder les choses modestes, ces petits éléments de la vie qui en font un peu plus que de l’ordinaire. J’accompagne mes pas de mon appareil photo et je cueille. Chaque série que j’écris est une histoire à part entière, avec sa propre graphie, m’attachant à rendre le côté organique dans les tirages, sur un papier qui reflète leurs poésies. Plusieurs années sont nécessaires pour aller au bout d’une histoire, mais est-elle un jour finie ? J’ai réalisé plus d’une vingtaine d’expositions individuelles ou collectives, des parutions presse, des tirages géants en entreprise.

Cambodge-Thaïlande :
traces d’un conflit sur
une frontière déplacée

La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge a été définie au début du XXème siècle. Dans sa partie nord, elle suit la chaîne des Monts Dangrek, où se situe le temple de Preah Vihear sur le territoire cambodgien. En novembre 2025, des incidents armés éclatent dans plusieurs villages proches de la frontière et en décembre la situation s’aggrave. En mars 2026, la ligne de contrôle s’est déplacée à l’intérieur du territoire cambodgien. Le temple de Preah Vihear au cœur de cette zone frontalière constitue un des principaux points de tension entre les deux pays. Réalisé en 2025 et 2026, ce reportage documente le déplacement progressif de la ligne de contrôle, les traces laissées par les bombardements et les conséquences du conflit pour les populations civiles déplacées, dont certaines voient aujourd’hui les vestiges de leurs habitations situées de l’autre côté de la frontière.
Photojournaliste, membre de l’agence Sipa Press, Virginie Seiller développe un travail au long cours, centré sur les territoires, les mémoires et les modes de vie. Après plusieurs années en Asie, notamment aux confins des frontières pakistanaises et chinoises, elle privilégie une approche immersive et travaille au plus près du terrain. Ses projets explorent les identités, les héritages culturels et les lignes de fracture. Elle s’intéresse aux trajectoires individuelles et collectives, choisies ou contraintes.

Corps peints
Tableaux éphémères

Né en Allemagne en 1938, Hans Silvester devient photographe à 17 ans. Il s’installe en Provence. Les voyages se succèdent pour des reportages au long cours et des publications dans la presse, l’édition de livres et d’innombrables expositions. Premier militant écologiste à s’emparer d’un appareil photographique comme arme de persuasion, amoureux de la terre, il l’est aussi des êtres qui l’habitent, qu’ils soient villageois, peuples lointains ou animaux domestiques qu’il montre avec tendresse et sans chercher d’effet. Son œuvre nous dit la beauté du monde, témoigne de son indépendance et marque notre imaginaire par sa délicatesse toujours juste.
Hans traque la beauté, elle peut sauver ce qu’il nous reste d’humanité. Il vit l’art de la photographie comme une méditation et une réflexion profonde sur l’évolution des choses et des êtres. (Marc de Smedt)
Avant de se peindre, ils se mouillent le corps. Ainsi les poudres colorées adhèrent mieux pour offrir quelques instants de beauté et d’inventivité. La nature du support, la peau, souple, élastique, en menace très vite l’intégrité. Les couleurs sèchent rapidement, se craquellent, s’effritent et tombent. Le tableau ne vit que le temps d’être vu par les proches, les copains et moi, le mémorialiste d’un jeu créatif qui n’a guère changé depuis l’aube de l’humanité. Le peintre, qui est aussi sa propre peinture, plonge dans la rivière pour enlever les dernières traces et commencer une autre création. Pas question de reprendre les mêmes motifs, le bonheur est dans l’invention. Ne restent que les photos où l’art éphémère, déploie sa singularité. Je m’acharne à enrichir ma collection car je sais cette tradition en sursis. J’assiste aux derniers flamboiements de créativité, les recueille aux sources de la nature qui fournit couleurs, pinceau et motifs. Tous les peuples de la vallée de l’Omo se peignaient le corps ; l’intrusion du monde moderne cause la disparition de ces tableaux éphémères.

Au-delà du visible

L’hôpital évoque souvent l’urgence et l’inquiétude. Mais si, un instant, nous prenions le temps de questionner cette perception ? C’est l’objet de cette série réalisée en 2025 en collaboration avec le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier. À travers l’objectif, l’hôpital se révèle autrement. La précision des gestes, la rigueur des lignes et les jeux de lumière composent un univers que l’on remarque rarement. Née de ce regard transformé, cette série propose de montrer l’envers du décor et un monde habituellement inaccessible. Elle révèle la complexité de cet environnement, son architecture fonctionnelle, la chorégraphie des mouvements quotidiens et la richesse humaine qui l’habite, où discipline et maîtrise se rencontrent. Au-delà de l’urgence, l’ombre s’efface pour découvrir un univers vivant, sensible et profondément lumineux.
J’ai 23 ans. En tant que patient au CHU de Montpellier, ma perception de cet endroit a évolué au fil des visites et des séjours. Ce lieu, d’abord associé à l’inconfort, au stress et au doute, est progressivement devenu pour moi un espace d’observation et d’inspiration.

à l’Hôpital Lapeyronie du CHU de Montpellier, 21/10/2025. Un environnement
technologique, certes, mais qui reste immobile sans intervention humaine.

Alyssia Roelandt, connue sous le nom d’artiste Lily Stoneheart, est née en 1994 en région parisienne. Fascinée très tôt par l’image, elle découvre la photographie dès son plus jeune âge et obtient son premier appareil numérique à l’adolescence. Nourrie par l’esthétique cinématographique des films d’horreur, elle commence à explorer des lieux abandonnés en 2012, entamant des voyages à travers l’Europe et développant progressivement une démarche artistique singulière. Son œuvre se compose exclusivement d’autoportraits réalisés dans des lieux abandonnés. Née d’une démarche thérapeutique, cette pratique est devenue un véritable moyen d’expression. À travers la présence de son corps dans ces architectures désertées, elle explore la vulnérabilité, la mémoire et la trace humaine.
Son travail prend également forme à travers des créations mêlant textures, matières et jeux de miroirs, où l’image se transforme, se fragmente et se superpose. Ces dispositifs visuels interrogent les multiples facettes de l’identité et la tension entre ce que nous révélons et ce que nous dissimulons, dans un dialogue entre le corps, l’espace et le temps.

Beauté saharienne
Dunes et dromadaires, quand la flore
du désert reprend vie

Dans l’immensité du désert, là où règne le silence, où les dunes s’étendent à perte de vue, les dromadaires se déplacent lentement, cherchant le moindre brin d’herbe. Grâce aux pluies de ces derniers temps, la flore du désert reprend vie. Le dérèglement climatique est une aubaine pour eux ; mais qu’en est-il pour le reste ? En fin de journée, les chameliers émergent des ombres de la terre et scrutent l’horizon à la jumelle à la recherche de leurs bêtes. À mesure que le soleil descend, le paysage se transforme, la lumière se fait douce, presque tendre. Les ombres s’étirent pour nous offrir un tableau vivant où le sable et ses reflets s’entrelacent dans une danse hypnotique. Quand les étoiles commencent à scintiller, les chameliers et leurs dromadaires s’éloignent et se fondent dans l’immensité.
Après une enfance entre Cévennes et Lozère je fais des études d’Art puis dans le domaine de l’information. En 1994, durant six ans, je voyagerai très souvent dans les différentes régions de Chine et j’en rapporte de nombreux clichés que je présente à Pékin en 1999. Depuis, je voyage toujours beaucoup. Ces derniers temps mes pas m’ont entraînée vers le désert et son atmosphère envoûtante.

Womanity, Infinite Facets
of Womankind

Anne-Françoise Tasnier développe avec « WOMANITY, Infinite Facets of Womankind » une exploration intime du féminin. Diplômée de l’École de photographie Agnès Varda et en sciences politiques, elle construit une écriture sensible, nourrie par les voyages et les rencontres.
Animé par l’ambition de rencontrer des femmes aux quatre coins du monde, son travail cherche à révéler nos différences autant que ce qui nous relie profondément.
Depuis plus de neuf ans, ce projet est un long dialogue avec celles qui, à travers le monde, incarnent mille et une nuances du féminin. Photographier devient un espace de confiance, un dialogue silencieux où se dévoilent des fragments d’identité, entre force, douceur et résilience.
Après une première présentation à Phot’Aubrac en 2023, elle revient avec une approche enrichie, nourrie de nouvelles rencontres et d’une immersion encore plus profonde. WOMANITY s’affine et interroge les représentations de la féminité, loin des regards figés.
Diplômée de l’École de photographie Agnès Varda et en sciences politiques, Anne-Françoise construit une écriture sensible, nourrie par les voyages et les rencontres. Animée par l’ambition de rencontrer des femmes aux quatre coins du monde, son travail cherche à révéler nos différences autant que ce qui nous relie profondément.


Le « Projet Hélios » est une série d’images réalisées grâce à la technique de la solargraphie. Inspirée du sténopé, elle consiste à exposer un papier photosensible à la lumière sur des temps de pose allant de quelques heures à plusieurs mois. Le papier, alors « brûlé » par le soleil, ne peut être développé chimiquement et révèle ses images par un procédé numérique. Grâce au temps de pose allongé, les trajectoires du soleil se dessinent et s’empilent, témoins des jours qui passent. Un contraste se crée alors entre la forme immuable du paysage et la course incessante de l’astre, donnant naissance à des images presque irréelles. À l’opposé de la photographie instantanée, ce travail interroge notre rapport au temps et à l’immédiateté. Les temporalités y fusionnent, dans un véritable éloge de la lenteur, où le temps ne se fige plus mais s’inscrit.
Issus d’un parcours commun en biologie et en écologie, Fabien Dubessy et Janis Vuarand développent aujourd’hui ensemble une approche photographique mêlant expérimentation et sensibilité. Leur travail s’inscrit dans une aventure artistique partagée, entre créationd’images et activité de tirage et d’encadrement au sein de leur atelier.


Depuis plus de 130 ans, forte aujourd’hui de 8000 adhérents, la FPF regroupe des auteurs et autrices couvrant tous les styles de la photographie : sport, portrait, paysage, animalier, naturaliste ou artistique, des plus classiques à la photo émergente. La FPF tient à mettre ses auteurs en avant et présente leur travail dans des salons partout en France, dans sa revue France Photographie et son Florilège annuel. La FPF présente ici deux de ses Expositions de Prestige : sur bâches, les meilleures images extraites des compétitions nature 2025. A l’intérieur, une série créée cette année, composée sur le thème « Les couleurs de l’art pariétal » et 25 tirages de notre Union Régionale 12.

LA PETANQUE

C’est à Arles en 1957 que H. Silvester observe les premières parties de pétanque et qu’il tombe amoureux de
la Provence, ce pays où l’on est si bien à l’ombre.
Il prend le temps de suivre les joueurs, presque exclusivement des hommes et des paysans, dans tous les
villages et petites villes de la région. Affrontement d’acteurs à la théâtralité chevillée à la peau, la partie se joue autant dans les mots que dans les gestes, la culture même de ce pays. Ses magnifiques images, baignées de lumière, témoignent de la force d’un vivre ensemble.

Intime et secrète forêt de l’Aubrac


ORIGINE Amazonie Ancestrale

L’Amazonie : berceau de la vie, gardienne de l’histoire, essence du cœur d’un monde qui bat en équilibre. Ici, où les rivières sont des routes et où la forêt respire selon des cycles millénaires, les peuples autochtones perpétuent leurs traditions, prenant soin de la terre comme une extension de leur propre corps.
Cette exposition est une invitation à la rencontre des racines qui nous relient à la nature et à l’ascendance. Dans chaque image, la force du peuple originel et la grandeur de la forêt s’entrelacent, révélant une Amazonie qui résiste, qui enseigne, qui parle.
L’origine n’est pas seulement un point de départ. C’est un appel à reconnaître que nous faisons partie de ce tout, héritiers d’une sagesse qui résonne dans le chant des oiseaux, dans le rythme des eaux et dans la mémoire de la terre.

Terre Fragile

Photographe engagé, après une formation de photojournaliste au CE3P, je suis spécialisé dans l’environnement, la sécurité civile et la vie des terroirs. Depuis 30 ans, pour la presse et l’édition, je sillonne la planète à la rencontre des femmes et des hommes qui façonnent la planète.
Mes images ont fait l’objet de nombreuses expositions : Visa pour l’Image, carrousel du Louvre, salon de l’agriculture, hôpital Necker, grilles du Sénat, Lascaux IV…
En 2007, j’ai fondé le collectif de photographes Sagaphoto.
En marge de mon activité de reporter, j’ai créé sur le projet artistique Terre Fragile. Mes œuvres, mélanges de photos de studio et d’images acquises auprès de la Nasa, sont des éclairages sur le changement climatique et les problématiques de notre environnement. Elles cultivent l’imaginaire et la conscience de chacun.
Pour la COP21, La Poste a choisi Terre Fragile pour son carnet de timbres collector « Agissons pour le climat ». Invitée d’honneur à Lascaux IV, Moncoutant, Saint-Benoît, l’exposition a reçu le prix du public à Fréjus.

Evanescence


